J'ai un vague
souvenir d’un papier de Chtif (eh oui… du temps de sa splendeur bloguesque) consacré à la question du… poil et du cheveu dans le rock. J’y ai repensé la nuit dernière.
Interpellant. Je vais donc parler à mon tour de touffe, de poils et de tifs, tiens. Après les deux premiers papier plutôt sérieux, je me suis dit que j’allais me laisser une chance d’avoir un
lectorat en proposant des choses plus légères. Mais d’abord, je vous explique comment tout a commencé.
La nuit dernière, c’est par le feulement d’une boule de poils passée comme un avion à réaction au-dessus de mon nez sur le coup de trois heures du mat’ que tout a commencé. J’étais dans mon
lit. Gaspard (dit Le Gasp’ ou Ga-Ga pour les intimes, Ba-tarrrrd pour ma fille), venait de croiser un autre matou dans le jardin. A poils moi aussi, je me lève comme un I, le
cœur battant la chamade et je me dirige tout droit vers la fenêtre du salon pour me rendre compte de l’évidence : une petite femelle a collier (la pire des espèces) tentait vainement de refaire
le mur en sens inverse après avoir aperçu votre serviteur dans le plus simple appareil. L’effroi je suppose. Je n’ai fait ni une ni deux, j’ai enfilé mon peignoir et suis sorti affronter la
bourrasque pour lui donner du courage à l’ouvrage à cette petite, en agitant les bras et en hululant sous la Lune tel un Loup-Garou. Il n’en fallut pas plus pour que la Louloute retrouve enfin le
chemin de la sortie. Un quart d’heure après, mon Gasp’ calmé (ben oui, on lui a coupé… alors parfois ça le travaille quand il croise une représentante du sexe opposé), dormait en boule et sur ses
deux oreilles; quant à moi… j’allumais la télé, faute d’étoiles qui pétillent dans le crâne.
Et dans l’étrange lucarne, je tombe sur qui…? sur Hugues Aufray, dans « Thé ou
café ». Hugues, 80 printemps au compteur et …toujours frais comme un gardon. D’accord, Hugues Aufray, avec un nom pareil… Je sais, on a du lui faire un million de fois celle-là mais j‘ai
pas pu m‘en empêcher - à 3 plombes du mat’ j’ai des excuses quand même!
Hugues Aufray… Vous voyez le rapport avec le tif? C’est que l’homme a un
magnifique casque blanc sur les oreilles; Un truc a faire pâlir d’envie Robert Zimmerman lui-même. Le Zim, son pote, à Hugues. Même qu’il a chanté avec lui, à Paris dans les années 90 et
que personne en a parlé, même pas dans Libé… Mais je m’ éloigne, recadrons.
Hugues, un beau vieux à tête d'Indien qui m’a presque donné envie de vieillir, cette nuit, tellement qu’il avait pas l’air vieux! Revoyant des photos de lui jeune, j’ai repensé à la coupe
de cheveux extraordinaire de…
Bono dans les années 80. Je me suis dit que physiquement, Hugues c’était un peu
Bono, en vieux. Mais que Bono lui, il avait plutôt mal vieilli comparé à l’auteur de « Hissez haut… ». Bono ceci dit, il a « réussi » alors que Hugues, ben tout le monde s’en
tape. Même qu’il l’expliquait bien : « je ne me suis jamais pris au sérieux alors… on ne m’a jamais pris au sérieux non plus ». N’empêche, ce type a traduit Dylan (même si je sais ce
qu’en pensent certains); il est un des rares artistes français qui n’a pas besoin de passer en radio pour qu’on entende ses chansons. Dans les veillées scout, c’est rarement lui qui les chante
ceci dit…
Hugues, je n’ai jamais acheté un de ses albums. J’ai fait comme tout le monde ou presque, bêtement. Mais il est tellement sympa que cette nuit j’ai même songé à aller acheter son petit
dernier. Sauf que c’est des duos autour de chansons de Dylan et si il y a Arno, il y a aussi, quand même, Halliday voire pire… la Carla dessus! Heureusement, le reste de la nuit m’a porté
conseil.
Mais quand même, si je dois vieillir, je veux bien lui ressembler à Hugues. Avec ses cheveux aux vents, cette tignasse magnifique que même PPDA avec tout le fric du monde ne pourrait pas se
payer.
Un putain de beau vieux que tu inviterais bien à boire un coup si tu le
croises. Ca m’a rappelé des souvenirs. Mon grand-père, complètement klachkop (boule à zéro si vous préférez) et mon père qui avec ses 3 poils sur le caillou se faisait un honneur d’aller les
faire tailler une fois tous les quinze jours… C’était pour avoir l’air ‘propre’. Je me suis souvenu dans la foulée de la première fois où j’ai vu Léo Ferré; Il était vieux, il avait l’air
désespéré, des longs cheveux filandreux et hirsutes sur un crâne relativement dégarni… Ca m’a foutu les chocottes. J’avais onze ans et j’ai trouvé ça pathétique.
Aujourd’hui, je vous dit ça mais j’ai fini par bien aimer ce Léo-là, comme
j’aime bien la tronche de la Fontaine avec son crâne de bonze, celle de Monsieur Higelin aussi, avec cette manière qu’il a de tout ramener en les tournant autour du crâne, celle de
Brel sur la fin,quand il chantait « Zangra » et « La Quête » dans Don Quichotte avec sa tignasse de desperado. Mon père, à son actif, il m’avait quand même fait
découvrir Brassens, Reggiani, Montand.
Mine de rien, des types aux cheveux trop bien coiffés quand j‘y repense. Brel il l’avait zappé par contre. Une histoire de cheveux peut-être; et de trop grande gueule, sûrement. Depuis, j’adore
les grandes gueules. Et les cheveux aux quatre vents.
Moi en tout cas, j’ai rapidement opté pour une coupe avec épis en l’air,
histoire de faire chier le paternel. Et j’ai eu mon petit succès. Aujourd’hui… Ben je fais avec ce qui reste. Alors quand je vois Hugues Aufray rayonnant avec cette magnifique crinière …
La nuit dernière, pour sûr, je l’aurais adopté comme vieil oncle bien digne.
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